Entre laïcité et communautarisme, la Mairie de Rennes a choisi

14 juillet 2019 Off By Romain
Entre laïcité et communautarisme, la Mairie de Rennes a choisi

Article écrit par Aurélien Marq sur Causeur.fr paru le 10 Juillet 2019.


Alors que la fessée vient d’être interdite en France, les fillettes voilées sont de plus en plus nombreuses. Dernière exemple en date, à Rennes, la Maire Nathalie Appéré n’a rien trouvé de choquant à poser entourée de fillettes en hijab islamique à l’inauguration de la mosquée du Blosne… Rappelons-lui en quoi vêtir ainsi un enfant peut aussi être une maltraitance.


Et l’on reparle, encore et encore, du hijab. Mais cette fois sous l’angle triste et particulièrement sinistre du voilement de fillettes semble-t-il très jeunes : 6 ans, 7 ans peut-être, tout au plus. Liberté de culte ou maltraitance ?

Rappelons le nouveau déclencheur. A Rennes, un centre « culturel et cultuel » islamique est fier d’exhiber des fillettes voilées à l’occasion d’une journée portes ouvertes célébrant la fin de travaux de rénovation. Travaux financés à hauteur de 430.000 € (excusez du peu !) par la municipalité. Précisons que la ville est également propriétaire du terrain, que la maire, Nathalie Appéré (PS), est « personne qualifiée » au sein de l’Observatoire de la Laïcité, et que Rennes autorise le burqini dans ses piscines. Publiée dans un article du journal Ouest France, la photo où apparaissent ces petites filles voilées n’a pas tardé à faire réagir, selon les clivages habituels.

Un phénomène inquiétant et qui s’étend

Pour autant, ne soyons pas naïfs. Combien de ces petites filles qu’on voit en hijab sur la photo ont ôté leur voile en sortant de la mosquée ? Très peu, je le crains. Pour les autorités locales, et notamment la maire, c’est très facile à vérifier. Tout comme il serait facile de vérifier ce qui leur est enseigné au sujet du voile, des femmes, des relations entre les sexes. Avant de prêter un terrain à une association islamique et de la financer à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros, ce seraient même des vérifications élémentaires. Je serais curieux de savoir si elles ont été faites…

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Rokhaya Diallo, star des relativistes

En face, comme toujours, les arguments des défenseurs du voile sont un concentré d’inversion des valeurs, d’approximations et de mauvaise foi, si ce n’est de manipulation délibérée.

On nous parle de liberté. Rokhaya Diallo se permet un parallèle avec les débuts du bikini et la police mesurant la longueur des jupes, oubliant une fois encore l’essentiel. L’Occident a jadis interdit aux femmes de montrer leur corps. Est-ce une raison pour accepter que certains veuillent à nouveau leur imposer ce genre de règles ? Car c’est bien le port du hijab qui milite pour une nouvelle police des mœurs, et non l’inverse ! L’Occident a jadis pratique la traite négrière. Madame Diallo utiliserait-elle cet argument pour relativiser l’esclavage d’aujourd’hui ?

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Certains comparent le hijab au voile des communiantes. Faut-il rappeler que la même tenue n’a pas partout la même signification ? Les seins nus n’ont pas le même sens pour bronzer topless à la plage, sur une photo de charme, dans une manifestation des Femen, dans un cortège de bacchantes ou pour des femmes Dessanech d’Afrique de l’Est. Le port du hijab n’est pas seulement une affaire entre soi et Dieu, ni même une question de pudeur. La valorisation du voile s’accompagne (presque) toujours de la dévalorisation des femmes non-voilées. La banalisation du voile s’accompagne toujours, sans exception, de la banalisation de son imposition, et de la pression sociale nécessaire pour que cette imposition soit effective. Chaque femme qui choisit de porter le hijab fragilise celles qui se battent pour le droit de ne pas le porter, et de ne pas se plier au carcan de règles misogynes et mortifères dont il est devenu le symbole.

Une ex-EELV compare l’interdiction du burqini à l’Holocauste

Suivant en cela la rhétorique des Frères Musulmans, d’aucuns assimilent les musulmans d’aujourd’hui aux juifs des « heures les plus sombres de notre histoire ». La palme de l’indécence revenant à Zakia Meziani, présidente d’une association « féministe » de Tourcoing qui compare l’interdiction du burqini à l’Holocauste. Que cette dame ait été candidate EELV et soit soutenue par l’association « Coexister » ne surprendra personne.

Comparer l’interdiction du burkini à l’extermination des juifs d’Europe, cela mériterait 3 claques, le plus grand mépris pour ce relativisme indécent absurde nourri à la concurrence victimaire et encore 3 claques pour cette vilaine stratégie.

Sur le fond, qu’on me montre donc l’équivalent juif « années 30 » d’Al Qaïda, de l’État Islamique, des pétro-théocraties, d’Erdogan et de ses réseaux, des salafistes, des wahhabites, du Tabligh, de Boko Haram ! Et qu’on daigne se souvenir de l’alliance entre les nazis et les islamistes, avec la bénédiction du fondateur des Frères Musulmans3. Les nazis se voulaient surhommes au-dessus des lois communes. Alors dites-moi qui, aujourd’hui, prétend que ses croyances et/ou sa couleur de peau lui donnent le droit de s’affranchir des lois de la République pour vivre selon les siennes propres ? Certainement pas les adversaires du hijab, mais plutôt les islamistes et leurs alliés indigénistes, décoloniaux et autres communautaristes soi-disant « progressistes. »

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De plus, ce sont eux aujourd’hui qui refusent la distinction entre l’ethnie et la culture, l’être et la croyance. Une des raisons pour lesquelles il leur semble inconcevable que les femmes ôtent leurs voiles, peu importe les circonstances. Ce qui fait aussi que leur croyance ne laisse aucune respiration à l’être et devient totale, totalitaire, tunique de Nessos impossible à arracher. Symbole de la croyance, l’apparence doit être totalement déterminée par celle-ci dans une surenchère pathologique qui n’accepte aucune limite à son emprise. Ainsi, pour les hommes l’uniforme d’une barbe identique pour tous, et pour les femmes des vêtements dont l’aboutissement logique est bien de tout recouvrir, engloutissant toute individualité.

Pendant ce temps, on interdit la fessée

Mais il n’y a pas d’extra-territorialité cultuelle, et les injonctions religieuses ne sont jamais au-dessus de l’éthique. Les parents qui font porter un hijab à une petite fille lui disent-ils que la sourate n°4 est la parole de Dieu, éternelle, incréée, toujours vraie, à laquelle il faudrait se soumettre sans jamais prétendre la critiquer ? Lui enseignent-ils que les hommes de sa famille auront tous, toujours, autorité sur elle ? Que son mari, plus tard, aura le droit de la frapper s’il craint qu’elle lui désobéisse ?

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Tous ces parents ne le font peut-être pas. Mais il est certain que beaucoup le font. D’ailleurs, le simple fait qu’on l’ait habituée à porter un hijab prédispose assurément une petite fille, et la jeune fille qu’elle deviendra, à accorder un crédit aveugle aux préceptes coraniques au détriment de l’exercice de sa conscience et de sa raison. N’est-ce pas souvent dans ce but qu’on lui fait porter le voile ? Alors je m’interroge. Est-il cohérent de légiférer pour interdire la fessée et de laisser des parents empoisonner ainsi l’esprit d’une enfant ? Des deux, quelle est la pire maltraitance ?

Ici, c’est la France…

Tous les enfants du monde, toutes les petites filles du monde, devraient se voir enseignées la conscience de leur dignité et la fierté de leur liberté. Parce qu’elles vivent en France, parce que sans doute beaucoup d’entre elles sont françaises, la France doit assurer cet enseignement aux petites filles voilées de Rennes. L’État le leur doit, autant qu’à n’importe quelles autres fillettes françaises, autant qu’à n’importe quelles autres fillettes de France, et peut-être encore plus qu’à d’autres parce que certains cherchent à les priver de ce droit.

Mais il n’y a pas que l’État, les élus, les associations. Ces petites filles voilées, et ces petits garçons à côté d’elles auxquels on interdit de voir les femmes comme leurs égales, sont nos sœurs et nos frères en humanité, et probablement nos concitoyens. Nous aussi, nous tous, nous avons le devoir de les défendre contre les emprises sectaires et obscurantistes.


Article complet paru sur Causeur.fr disponible ici .